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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 18:44

 

Cet après-midi s'est tenu un nouveau comité de suivi présidé par Monsieur Vallet, Directeur général de la santé.

Etaient représentés, la Direction générale de la santé, l'ANSM, l'INCa, les différentes sociétés et syndicats de chirurgiens, la CNAMTS, les radiologues, l'HAS et les associations de patientes ... Non représentés, l'INSERM, la Ligue contre le cancer, le conseil de l'ordre ...

 

Premier point à l'odre du jour : 

Les registres. 

 

Contrairement à ce qui avait été annoncé lors du dernier comité (ici), le registre n'est toujours pas en place.

Mr le Pr Le Louarn nous informe que la société farnçaise Télémédecine a été choisie pour adapter le logiciel existant et utilisé à l'étranger. Une première réunion a eu lieu le 22 septembre et un nouveau rendez-vous est pris pour lundi prochain afin d'étudier l'adaptation de ce logiciel à la chirurgie de pose d'implants.

Plusieurs intervenants soulignent l'importance de la traçabilité de la prothèse et de la patiente. En théorie, c'est possible, mais il faut voir avec la CNIL et le Conseil de l'ordre, ce n'est pas acquis ...

Pourtant, il est primordial de pouvoir relier une patiente à une prothèse en cas de problème afin de pouvoir la prévenir en cas de problème.

Concrètement, il n'y aura pas d'effet rétroactif et les chirurgiens seront incités via leurs DPC ( Développement Professionnel Continu) pour remplir ce registre.

La mise en place devrait se faire dans les 6 mois à venir.

 

Deuxième point à l'ordre du jour :

Les études remplaçant l'enquête Lucie

 

Mme Brigitte Heuls nous détaille les 3 axes retenus :

1 : Première étude via les données des caisses d'assurance maladie, SNIIRAM.

Ce sont les données de remboursements, actes ou hospitalisations, concernant essentiellement les femmes reconstruites après cancer du sein ou chirurgie réparatrice suite à malformation ou hypoplasie mammaire. L'esthétique ne peut être prise en compte.

Cette étude concernera environ 35 000 femmes sur la période de 2007 à 2013, les données antérieures n'étant plus accessibles.

Les résultats devraient être connus en juin 2016.

2 : Une seconde étude concernera les femmes volontaires pour l'enquête Lucie. 1500 femmes s'étaient inscrites, il faudra les recontacter et vérifier la validité de leur dossier.

Les effets secondaires et la qualité de vie seront collectés via des auto-questionnaires annuels sur une durée de 5 ans.

Le protocole sera présenté en décembre lors d'une réunion à l'ANSM avec les associations de victimes. 

3 : Une étude "cas-témoin" à la recherche d'une pathologie rare sera menée en collaboration avec l'INCa.

Mme Berr Mattei, représentante des radiologues, renouvelle sa proposition d'utiliser les données de suivi des femmes dans le cadre du dépistage systématique. Il faudrait utiliser les informations d'un département représentatif où la pose d'implants est importante.

Mme Belorgey, pour l'INCa, insiste sur la nécessité d'avoir l'historique des femmes. Ce sera compliqué en raison du secret médical, en rétrospectif ce sera difficile, mais en prospectif, il faut y veiller.

 

Troisième point à l'odre du jour :

Prothèse et lymphome LAGC

 

Le comité spécialisé multidisciplinaire mis en place s'est réuni 3 fois depuis mars 2015.

24 cas de lymphomes diagnostiqués et confirmés après double lecture par le réseau lymphopath, soit 2 de plus qu'en juillet.

2 décès, un en 2011 et un au printemps 2015.

Ce qui semble se confirmer, c'est qu'il s'écoule environ 9 à 10 ans entre la pose d'implant et le diagnostic, sous réserve d'avoir connaissance de l'intégralité du dossier médical. Pour certains cas, le nombre d'implants posés et les dates ne sont pas connus avec certitude.   

Ce lymphome se développe sur des réactions inflammatoires induites par l'enveloppe des prothèses. Lorsque les données des implants sont renseignées, les enveloppes étaient texturées ... Mais pour certains cas, la donnée n'est pas connue et de ce fait, on ne peut exclure des enveloppes lisses.

 

Il faut comprendre le phénomène physiopathologique de ce lymphome.

 

1 : La biocompatibilité des implants mammaires est en cours de vérification chez les fabricants. D'ici la fin de l'année, ces données seront connues.

2 : Une nommenclature des textures des implants va être définie. En effet, chaque fabricant à son propre procédé de fabrication et sa gamme de production.

A partir de janvier, une étude universitaire, d'une durée de 6 à 9 mois, va définir les caractéristiques des différentes textures. Le procédé de fabrication ne sera pas étudié. A terme, cette nommenclature devrait aboutir à des normes.

3 : Etude des risques immunotoxicologiques. Il s'agit de voir l'impact de l'inflammation et de la stimulation antigénique qui vont induire ce lymphome. Un fragment d'enveloppe sera impanté chez des souris. Durée de l'étude 2 ans. 

 

Quatrième point à l'ordre du jour :

Etudes de l'INCa

 

Chantal Belorgey nous détaille les différents travaux menés par l'INCa.

 

1: Analyse génomiques des lymphomes en France. Une étude va débuter afin de préciser les caractéristiques physiopathologiques des tumeurs. 

2 : Organisation de la RCP nationale, réunion de concertation pluridisciplinaire,pour le LAGC. Elle sera installée à l'hôpital Henri Mondor, siège du réseau lymphopath, le travail se fera en réseau, les règles de fonctionnement et le financement restent à définir.

Il faudra faire une communication auprès des professionnels de santé concernés afin de les informer de son existence. 

3 : Recueil des données physiopathologiques des patientes, étude observationnelle.

4 : Participation à l'étude "cas témoin" de l'ANSM.

 

Questions diverses

 

1 : Annie Mesnil, pour l'association PPP, interroge les représentants de l'INCa et la sécurité sociale, à propos d'un sujet déjà abordé, l'externalisation vers le privé, des reconstructions mammaires après cancer avec d'importants dépassements d'honoraires.

Ils se disent impuissants sur l'organisaton des structures.

Mme Eliaszewicz, pour la DGOS, explique qu'elle a mené une enquête à l'Institut Curie, déjà cité pour ce problème.

Le Directeur général a précisé qu'il existe 2 catégories de chirurgiens au sein de Curie, ceux qui sont salariés temps plein et qui ne pratiquent aucun dépassement d'honoraires et ceux qui sont à mi-temps et qui excercent dans le privé. Avec cette dernière catégorie, une convention est passée afin qu'ils ne demandent pas de dépassements au delà de ce que la mutuelle de la patiente prend en charge. Il a confirmé qu'un chirurgien avait exagéré et qu'il n'exerçait plus à Curie. Il n'y a plus de problème de cet ordre depuis 2 ans. 

 

2 : Mr Jean Patrick Sales de l'HAS intervient à propos du référentiel d'information des patientes. Il est en cours d'achèvement, normalement il sera terminé fin novembre.

Concernant la dangerosité de l'acte, il y a encore des incertitudes à cause du LAGC.

Une décision interviendra en décembre quant à la recommandation d'une suspension temporaire des implantations de prothèses.

Concernant les lipomodelages dans le cadre de la chirurgie esthétique, il n'est pas en charge des recomandations dans ce domaine.

Cependant, il précise que pour les autogreffes de graisse, il existe un risque carcinologique théorique, qu'il faut définir les contre-indications et les conditions d'utilisation.

De plus, ces amas graisseux peuvent être la cause de calcifications trompeuses visibles en radiologie.

Voir le rapport de l'HAS (ici)

Voir également un rapport sur les techniques de reconstructions altérnatives aux implants mammaires (ici)

 

3 : Décret du 22 septembre 2015 relatif à l'information des femmes concernée par une intervention de chirurgie esthétique. (ici)

Mme Choma de la DGS nous parle de la publication de ce décret.

Je vous avais déjà informés de cette publication. (ici)

J'interroge les chirurgiens présents sur les moyens d'information des professionnels concernés et sur la possibilité de s'assurer que tous le sont.

Mr Le Louarn me répond que lors des différents congrès, il y a toujours des communications sur ces sujets et que tous les professionnels trouvent sur le site de la SoFCPRE les fiches d'informations mises à jour. 

 

4 : Indemnisation des victimes 

Un courrier commun avait été envoyé par les associations de victimes et moi-même à ce sujet, nous demandions une nouvelle fois la création d'un fond d'indemnisation.

Mr Seval, juriste à la DGS, nous détaille plusieurs pistes à explorer, avec les réserves de la loi santé votée en 2014. Le problème est complexe du fait des 2 catégories de patientes, reconstructions après cancer et esthétiques. 

Mr Vallet nous dit qu'une réponse nous sera adressée soit par le cabinet de Mme la Ministre soit par lui même.

 

Cette nouvelle réunion du comité de suivi se termine sur une impression mitigée.

Certes, nous sommes entendues et asssociées aux différents projets, mais je regrette variment que tout se mette en place à la vitesse de nos différentes instances décisionnelles, c'est à dire beaucoup trop lentement à mon goût.

 

Article écrit par Victime de prothèses PIP  

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commentaires

GAUTHIER Sophie 29/10/2015 08:04

bonjour,

merci pour ce compte-rendu, par contre, peut-on savoir ce que signifie RCP dans "Organisation de la RCP nationale"? D'avance merci
cordialement

Victime de prothèses PIP 29/10/2015 23:11

Bonsoir Sophie,

Je l'ai écrit dans mon article ... RCP, réunion de concertation pluridisciplinaire. C'est une réunion qui regroupe des professionnels de santé de diverses disciplines, chirurgien, anatomopathologiste, radiologue, oncologue ...
Voir plus de précisions vers l' HAS : (Haute Autorité de Santé)
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-02/reunion_de_concertation_pluridisciplinaire_fiche_technique_2013_01_31.pdf

C'est la meilleure façon de coordonner la prise de charge d'un patient.

Joëlle

Chapuis 29/10/2015 00:04

Cette étude concernera environ 35 000 femmes sur la période de 2007 à 2013, les données antérieures n'étant plus accessibles.Je suis très déçue car j'ai eu un changement de prothèses en 2005 suite à une première pose en 1991.Et surtout, j'avais fait le choix d'une pose d'implant suite à une hypoplasie mammaire avec prise en charge de la sécurité sociale, même si le chirurgien qui m'a implanté a exercé un dépassement d'honoraires, le fait que la CPAM ait opté pour une prise en charge, on va dire partielle, mériterait que je puisse faire parti de la première étude.J'ai développé un cancer du sein en 2008 et j'en connais les raisons.Les implants Mentor posés en 1991 ont été enlevés par capsulotomie et ils suintaient et le traitement de radiothérapie subi après ma tumorectomie m'a plongé dans une maladie douloureuse et irréversible.J'ai fait des études sur les implants en silicone depuis 2008 et j'ai appris que les implants Mentor de 1991 étaient frauduleux, interdits sur le sol américain mais l'Europe en écoulait les stocks.Impossible d'obtenir une reconnaissance du ministère de la santé.Pourtant, le chercheur en bio matériaux, le Dr Pierre Blais m'a appris tous les détails de l'histoire de la silicone et les chirurgiens français les connaissent mais ils ont fait le choix du marketing économique.C'est grave

Victime de prothèses PIP 29/10/2015 23:16

Bonsoir Jocelyne,

Oui, malheureusement pour vous, je connais votre histoire.
La sécurité sociale ne garde pas les données sur une si logue période, normalement c'est 3 ans ... Pour cette étude, exceptionnellement, 6 ans seront disponibles.

Prenez soin de vous.

Joëlle

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