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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 17:48

 

Dernier jour du procès pour cette première semaine.

Cette journée est consacrée aux plaidoiries des avocats des parties civiles.

 

Quelques victimes témoigneront également.

Remarque : Je mettrais uniquement les prénoms pour les victimes et pas toujours les noms des avocats, pour ne pas écorcher leur nom si je ne les connais pas, et le nombre de victimes qu'ils représentent.

 

Ouverture de l'audience à 9h15

 

Avocate 

Représente 21 parties civiles.

Confirme ses demandes de première instance.

 

Maître Minot

Représente les adhérentes du MDFPIP, une des associations de victimes, 37 victimes.

Ces dizaines de femmes sont meurtries et souffrent.

Il aurait été utile qu'elles viennent, mais problèmes de temps.

Par précaution, elles ont subies les explantations.

Quel ecoeurement quand elles entendent Mas dire que son gel n'est pas nocif ... Quelle crédibilité ? C'est un escroc et un manipulateur.

Les faits n'ont pas été dénoncés plus tôt alors qu'ils le pouvaient.

Les femmes réclament justice, qu'elles soient reconnues comme victimes et que les prévenus soient condamnés.

 

Sandrine

Implantée en mars 2003 suite à une ptose. Découverte d'un nodule en 2004. Gros problèmes inflammatoires.

2008 : Rupture bilatérale avec épanchement. Siliconomes 4 ans après l'implantation, chaîne médiastinale, omoplates, clavicules ... Son médecin lui dit qu'elle est "un volcan en veille" 

Nombreuses interventions, la dernière le 6 août. Une nouvelle est programmée pendant les fêtes.

A perdu son entreprise, avait une salle de sport.

Siliconome en 2010, 2mm, aujourd'hui 33mm.

Perte de poids, fatigue, douleurs ... Pas d'avenir, suspiscion de lymphome.

Les médecins lui proposent l'ablation de la chaîne ganglionnaire, elle refuse, une reconstruction par lambeau dorsal, elle refuse ou une reconstruction en 3 étapes ... Elle réfléchit. 

Sa cage thoracique (organes vitaux) est envahie de ganglions, 12 à droite et après l'intervention d'août 12 à droite et 12 à gauche. 

La descente aux enfers continue ...

Pourquoi ? Pour elle, ils sont tous responsables, elle est condamnée à vie !

 

Son avocate 

Les paroles des victimes montrent l'étendue des dégats.

Dans l'actualité, les faits sont choquants mais souhaite que çà n'occulte pas la gravité de cette affaire.

Elle déplore la décontraction, le dédouanement et le fait de minimiser les faits de la part des prévenus. 

Scandale à l'échelle internationale pendant 10 ans.

Arrêtez de faire croire qu'ils ignoraient les risques.

Ils ont trompé les autorités sanitaires de l'état ... Ils auraient continué, ils ne sont pas des amateurs, ils sont calculateurs, sont compétents dans leur domaine.
Aucun n'est venu dire ce qu'il y avait dans leurs prothèses.

Ils ne sont pas sincères.

La fabrication était aléatoire, ils ont sciemment exposé les femmes.

Mas, maniaque des tests ! C'est un escroc.

La fraude, tout était caché.

Les 4 autres sont complices. 

 

Avocat 

Représente 85 victimes.

Il fait juste quelques observations. 

Chirurgie esthétique ou reconstructrice, le point commun, ce sont les prothèses PIP, elles ont une épée de Damoclès au dessus de la tête.

Il demande la réévaluation des indemnisations ou pas selon ses clientes.  

 

Avocat 

Représente une victime.

Elle a fait appel pour majorer les peines et les indemnisations.

Elle est abîmée dans son intime et dans son quotidien.

Elle a des ganglions "en tempête de neige" selon les résultats de son échographie.

Rupture et siliconomes entraînent un handicap et une impotence fonctionnelle du membre supérieur droit.

Elle est affectée par des douleurs physiques et psychologiques.

Il parle de "terrorisme médical".

Mas sait.

Elle a un préjudice, elle est en colère et a été empoisonnée, C'est un traumatisme grave.  

 

Avocate

Représente 31 victimes plus 2 d'un confrère.

Elle dénonce les agisssements intolérables, l'attitude déconcertante ... "Ils n'avaient pas le choix !"

Les victimes ont fait confiance à la médecine, à la qualité française, à la sécurité des autorités françaises.

La tromperie est orchestrée, préparée, organisée vis à vis des professionels et des femmes.

Elle évoque les jeunes femmes qui ne peuvent allaiter leur enfant, qui sont privées de ce bonheur et de leur projet.

Préjudice moral et d'anxiété.

Elle demande plus d'indemnisation pour ces préjudices.

 

Avocate

Représente 7 victimes plus 2 autres de confrères.
Elles avaient fait le choix de la chirurgie esthétique pour augmenter leur confiance en elles.

Stuppeur quand elles ont appris, il y aura un avant PIP et un après.

Le gel était artisanal, non conforme, non déclaré.

On leur a imposé une nouvelle intervention.

C'est un préjudice moral, une angoisse spécifique.

Elles auraient aimé une reconnaissance de la part des prévenus.

Elles sont déçues de la teneur des débats et des propos tenus par les prévenus.

 

Avocat

Représente une victime.

Chaque préjudice est différent pour chaque femme.

Elle a eu un lambeau grand dorsal avec une prothèse PIP.

Il a fallu tout refaire pour changer la prothèse.

Angoisse, préjudice ... Elle a fait une récidice de son cancer ... Elle est en fin de vie, elle a 40 ans et un enfant de 5 ans. 

 

Avocate

Représente une victime.

Tout a été dit.

Elle avait eu une reconstructioon après cancer en 2006 à l'IGR.

Elle a fait le choix de l'explantation mais elle a eu des métastases cérébrales et a dû attendre pour l'explantation.

Elle a eté reconstruite par un grand dorsal. 

 

Maître Petitot

Association de 4 cabinets d'avocats, qui représentent 1600 victimes étrangères et 58 françaises.

Préjudices d'anxiété, d'angoisse, moral ... Différents préjudices et dommages.

Il demande l'augmentation des indemnisations.

L'association APIM, (association qui regroupe des femmes reconstruites après cancer), avait fait intervenir le Pr Archambault, psychiatre, lors du procès à Marseille. Il avait fait la différence entre anxiété et angoisse.

Il parle des expertises faites par le Pr Magalon à Marseille, expert auprès des tribunaux ... Pretium doloris.
Il évoque les problèmes d'indemnisations devant le SARVI, service d'aide aux recouvrement des victimes. 

 

Avocat du même groupement

Représente 58 françaises, l'association APIM et plusieurs confrères. (1 pour 32 vénézueliennes et 2 pour une victime chacun)

La tâche est difficile mais pour la cour aussi car c'est le procès de la dernière chance pour l'indemnisationn des victimes, car l'autre procès pour "blessures et homicides involontaires" aura une instruction très longue, votre arrêt est déterminant.

Elles attendent les indemnisations, certaines veulent abandonner, elles n'y croient plus et veulent tourner la page.

D'autres veulent se faire explanter mais n'ont pas les moyens.

L'affaire n'est plus relayée pr les médias, elles se sentent délaissées.

Double peine pour les adhérentes de l'APIM, qui avaient toutes un cancer.

Sur les 58, 2 sont décédées, ce sont les héritiers qui poursuivent l'action.

Il lit plusieurs compte-rendus opératoires décrivant l'état des prothèses.

Les préjudices ont été réévalués pour chacune ainsi que les demandes de l'APIM.

 

Marie Claude

Elle n'est pas représentée par un avocat.

Cancer en 1988, reconstruite en 1989 avec une prothèse.

2004, changement de prothèse et remplacement par une PIP.

En 2010, elle s'aperçoit de la rupture, le gel se répand dans le creux axillaire.

En 2011, explantation, l'intervention dure 4h. Son bras mis en extension reste avec une raideur. Elle a de la kiné intensive, des aides et des traitements. Elle reste dépendante.

Elle est anxieuse et angoissée, c'est un traumatisme.

Elle a peur de l'avenir. 

 

Avocat

Représente 2 victimes.

Il ne souhaitait pas prendre la parole mais la salle est clairsemée ... Il veut dire aux femmes qu'on ne se désintéresse pas d'elles.

Elles se fichent de l'argent.

Les paroles les plus poignantes sont celles des victimes.

On souffre de ce que l'on ignore !   

 

Avocate

Représente une victime.

Explantée et réimplantée en 2012.

Demande une confirmation juste des peines.

Elle a honte devant son mari et ses enfants de leur dire qu'elle a risqué sa vie pour avoir de beaux seins.

Elle a peur du regard des autres.

Ces femmes ne sont pas des "bimbos", il faut connaître leurs parcours de vie.

Les prévenus sont pitoyables, ils n'assument rien, n'ont pas de regrets, n'expliquent rien.

Que la honte soit sur vous pour les victimes.

 

Angela

En 2000, elle se fait poser un anneau gastrique et perd 85 kgs.

Elle subit plusieurs chirurgies réparatrices, jambes, abdomen, seins ...

En 2001, première intervention sur les seins.

De 2002 à 2010, elle est réopérée quasiment tous les ans : 6 fois des PIP percées, 4 fois des coques. 

Elle fait plusieurs dépressions qui conduisent à son divorce.

Elle va mieux mais à peur de l'avenir.

A payé à chaque fois, a fait des emprunts.

Ils ont gâché sa vie de femme.

Depuis 2012, elle a des Allergan et n'a plus de problème.

 

Joëlle

Mon témoignage (ici)

 

Suspension de séance de 11h45 à 14h

 

A la reprise de l'audience, l'avocate de Mr Brinon, vient à la barre se plaindre que 4 victimes ont suivi son client et lui ont fait des remarques "injurieuses".

Le Président rappelle aux femmes qu'il comprend leur colère mais leur demande de ne pas renouveller cette attitude. 

J'ai été témoin de cet incident ... Je déplore qu'il n'ait pas eu le courage de regarder ces femmes et de leur parler ... Il a préféré baisser les yeux et partir et laisser le soin à son avocate d'en parler devant le tribunal.

 

Bruna

En juillet 2006, elle est opérée d'un cancer du sein droit à Tours.

En septembre 2006, elle subit une mastectomie plus un curage axilaire à l'IGR et est reconstruite par une prothèse avec expandeur.

En mars 2007, on lui implante une prothèse PIP.

En mars 2010, l'IGR lui annonce la fraude.

Explantation en février 2011, sa prothèse est rompue, le gel se répand. Elle reçoit une nouvelle prothèse Mentor.

En septembre 2014, explantation de cette prothèse qui est intacte, mais elle a des siliconomes et des résidus .

13 ganglions sont enlevés à gauche alors que sa prothèse était à droite.

Elle sort en HAD, hospitalisation à domicile, avec le redon.

Elle a eu 3 expertises demandées par elle-même, elle veut savoir !

Elle a le syndrome du gros bras et pas de retour veineux.

Les prévenus sont des assassins pour elle.

 

Alexandra

Présidente de l'association PPP (ici)

 

Avocat

Représente une victime.

Elle a eu un cancer en 2007 et une prothèse PIP en 2008.

Elle a été prévenue en septembre 2010 par l'Institut du sein.

Elle a été explantée en 2013 car son chirurgien était débordé.

L'indemnisation a été identique pour toutes les femmes, il faudrait individualiser les préjudices.

Bien pour la procédure rapide, l'instruction aurait duré trop longtemps.

 

Avocat

Représente 4 victimes.

Faire du pur droit est déplacé.

Le procès ici est plus serein.

Il parle de l'angoisse et de l'anxiété des victimes silencieuses.

Les avocats de la défense s'appuient sur des données scientifiques, des données vraies et vérifiables.

Mais le gel PIP est hétérogène, il n'y a pas de formule, il est sans process de fabrication. Il est impossible de reproduire ce gel à l'identique, il n'y a pas d'échantillon représentatif.

Les rapports produits par la défense ne comparent pas ce qui est comparable. (exemple d'une pomme et d'une poire).

Les prévenus s'arc boutent sur le danger "non défini" du gel. Ils ont des difficultés psychologiques de se sentir responsables de tous ces dégats.

Pour les scientifiques, on parle de "risque acceptable".

Pour l'AFSSAPS, la clinique a parlé, là le risque n'est pas acceptable.

L'article 213 de la consommation comporte 2 alinéas. 1 définit le danger, 2 confirme l'aggravation sans danger prouvé.

Les statistiques, on leur fait dire ce que l'on veut, interprétation des stats du rapport de l'ANSM en 2014.

Mais les gels PIP1 et PIP2 ne sont pas reproductibles.

La tromperie est aggravée.

Les victimes appelantes ne sont pas dupes, le procès est inéquitable par nature.

Quelle que soit la condamnation, il n'y aura pas d'indemnisation, le droit est illusoire.

Il faut confirmer ou aggraver.

Les prévenus poursuivent leurs vies.

Il faut un titre excécutoire pour maintenir une incertitude chez les prévenus, qu'ils craignent la venue d'un huissier pour saisir leurs biens.

Il faudrait expertiser chaque prothèse, chaque victime est un cas unique.

 

Avocate

Représente une victime.

Elle a 62 ans et est restauratrice ... Elle a choisit la chirurgie esthétique ... Cette intervention était-elle nécessaire ?

Elle est consciente de ce regard là.

C'est une décision grave d'aller se faire opérer quand on est en bonne santé.

Elle avait confiance en son chirurgien, la clinique ou l'hôpital et le produit implanté.

Apprendre ensuite que le gel est frauduleux, non conforme ... Tout bascule !

C'est le début d'une remise en cause, de la culpabilité.

Son chirurgien s'est constitué partie civile.

Elle a été réopérée en 2012, à la place de la PIP, elle a une Sebbin.

Elle avait été implantée en 2010.

Elle aura le doute toute sa vie et elle demande réparation.

 

Avocat

Représente une victime.

Il vient pour tenir une promesse à sa cliente. Elle voulait implanter un coeur à Mas.

Elle a été explantée en septembre 2013.

La dangerosité ne fait aucun doute.

Les prévenus ont oublié qu'on allait remplir ces femmes avec du liquide industriel, non testé, non conforme.

Il y a 2 barrières ... La loi et la cour et puis la conscience. Cette deuxième barrière a été franchie, c'est trop facile.

Mas est prêt à recommencer. 

Elle est femme et mère ... Elle rescent une insécurité permanente pour tous les actes de la vie.

Pouquoi ne pas avoir fait homologuer ce gel ?

Les prévenus ont ensevelli leur conscience sous un amas d'euros. 

Penché sur les vestiges de l'humanité de ces individus.

La défense tente de rejeter les parties civiles des femmes, c'est le bout du chemin de croix.

Le statut de victimes est reconnu.

Il n'y a pas eu d'excuses sincères de la part des prévenus.  

Cet avocat quitte la barre les larmes aux yeux ... Merci Monsieur.

 

3 femmes, Mireille, Cécile et ... (je n'ai pas entendu le prénom)  viennent à la barre, appelées par le Président.

Elles ne sont pas représentées par un avocat. 

Elles ne souhaitent pas en dire plus. Elles semblent réservées et impressionnées.

 

Il n'y a plus de femmes souhaitant s'exprimer ni d'avocat de partie civile prêt à plaider.

L'audience est suspendue à 15h30 et reprendra lundi à 9h.

 

Journée éprouvante, beaucoup de douleur exprimée.

 

 

Article écrit par Victime de prothèses PIP

 

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