Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 06:32

Les rencontres des réseaux sociaux ...

 

Il y a quelque temps, j'ai reçu une invitation sur Facebook d'une femme, Sylvie Pioli, infirmière, qui m'invitait à aimer sa page.

Je suis allée voir et j'ai découvert une association très active : ici

Cyclosein (association loi 1901) réunit des personnes souhaitant :
- Sensibiliser les pouvoirs publics et la population à l’augmentation du risque de cancer du sein pour les travailleurs de nuit ;
- Améliorer la surveillance de ces personnes ;
- Soutenir la recherche médicale dans ce domaine ;
- Obtenir une reconnaissance comme maladie professionnelle.

Elles ont parcouru plus de 900kms en vélo en septembre dernier, entre le siège de l'association, Saint Mitre les Remparts, dans les Bouches du Rhône, et le ministère de la santé où elles espéraient rencontrer la ministre de la santé.(ici)

Tout au long de leur parcours, elles ont animé des réunions d'informations sur le lien entre cancer du sein et travail de nuit.

 

Elles se sont présentées au ministère avec un médecin du travail et la présidente d'une association d'hôtesses de l'air, militant pour la même cause, (ici) et une pétition comptant près de 4000 signatures.

Elles ont été reçues par 2 médecins, m'ont dit avoir été écoutées, mais pas certaines d'avoir été entendues ! ... Elles n'ont aucune nouvelle depuis ...

 

Très intéressée, j'ai cherché des articles et études sur le sujet.

 

J'ai des amies qui travaillent ou ont travaillé de nuit, mais j'avoue que je ne m'étais jamais posé la question de la relation entre le cancer du sein et ces horaires de travail.

 

La réglementation

 

Le travail de nuit est défini par une activité salariée entre 21h et 6h du matin, au moins 2 fois par semaine, mais ces horaires peuvent être aménagés dans les entreprises. Cette activité est assez répandue, au moins 20% des travailleurs, et est très encadrée. (ici) et (ici)

La Loi Travail du 08 août 2016 a considérablement modifié la réglementation. (ici)

 

Les conséquences sur la santé sont reconnues pour la plupart et

le salarié doit en être informé et surveillé médicalement.

 

Extrait d'un article intéressant (ici)

Les principaux risques du travail posté en équipes et de nuit

  • Les troubles du sommeil et de la vigilance

Les salariés en travail posté ou de nuit ont un organisme soumis à des changements importants au niveau des rythmes chrono-biologiques : ils ont un sommeil perturbé et raccourci, engendrant une fatigue qui peut s’avérer chronique, et par suite, favoriser la somnolence, la baisse de la vigilance responsable d’accidents du travail, surtout entre 2 et 5 h du matin et entre 13 et 15 h.

  • Les troubles somatiques

Les troubles digestifs sont très fréquents  : dyspepsies, douleurs abdominales et troubles du transit, risques d’ulcère gastroduodénal et d’obésité consécutifs aux horaires de repas irréguliers et mal équilibrés avec surconsommation de thé ou de café pour rester éveillé.

Le travail posté modifie le métabolisme des lipides et est un facteur de risque d’augmentation du taux de cholestérol et des triglycérides , ce qui, à long terme,  entraîne un risque accru de troubles cardiovasculaires   (hypertension artérielle …).

Les femmes enceintes travaillant de nuit risquent un retard de croissance ou une prématurité de l’enfant ou un avortement spontané.

  • Les troubles psychologiques

Le travail posté est générateur de stress, entrainant un risque accru de pathologie dépressive et de difficultés relationnelles, surtout parmi les travailleurs qui subissent cet état avec peine et chez les femmes qui éprouvent un sentiment de culpabilité vis-à vis de leur vie de famille et qui sont astreintes aux taches domestiques le jour.
Les horaires de nuit peuvent entraîner un sentiment d’isolement parfois accentué par un manque de communication et d’information entre les équipes de jour et celles de nuit, par manque de reconnaissance professionnelle : pas de participation aux décisions, pas de transfert d'informations, accès difficile à certains services (activités sociales du Comité d’Entreprise, représentants du personnel, formations professionnelles). De plus, dans certains cas, la permanence de nuit de l’établissement s’opère avec un effectif réduit, voire ne comprend qu’une seule personne. Cette situation d'isolement induit de l’anxiété, pose des problèmes de sécurité, tant pour la sécurisation des locaux (potentialité de violence externe) qu'en cas de malaise du salarié.
Il peut s’ensuivre des consommations excessives d’alcool ou d'autres substances psycho-actives (drogues diverses et, notamment, le cannabis, certains médicaments,…) qui sont fréquentes, induisant apathie ou irritabilité, troubles des réflexes, de la concentration, des performances visuelles, le tout constituant un facteur démultiplicateur des accidents du travail .

 

Mais la relation entre le travail de nuit et le cancer du sein n'est pas évoquée.

 

La première étude française qui en parle a été conduite par l'INSERM et baptisée CECILE, a recueilli des informations sur les femmes ayant eu un cancer du sein entre 2005 et 2007 dans 2 départements, Côte d'or et Ile et Vilaine. Elles ont été comparées à des femmes qui n'ont pas eu de cancer du sein. (ici)

Cette étude analyse plusieurs éléments communs retrouvés chez ces femmes, exposition environnementale aux pesticides, aux dioxines, liens éventuels avec les perturbateurs endocriniens, les solvants et les conditions de travail entre autre.

En 2012, est évoqué le lien possible entre travail de nuit et cancer du sein, les auteurs parlent d'un sur risque de 30% ! (ici)

Mais ces résultats ne font pas l'unanimité, une étude allemande est analysée par l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail ), il ne semble pas que les résultats de l'étude CECILE soient confirmés. (ici)

Une publication regroupant plusieurs études étrangères semble aller dans ce sens. (ici)

En juin 2016, l'ANSES publie un rapport volumineux dont voici un extrait des conclusions : (ici)

Les conclusions de cette expertise confirment les risques pour la santé liés au travail de nuit. Celui-ci est en effet susceptible de générer des effets sur la santé des travailleurs du fait de perturbations des rythmes biologiques. Lors du travail de nuit, il se produit une désynchronisation entre les rythmes circadiens calés sur un horaire de jour et le nouveau cycle activité-repos/veille-sommeil imposé par le travail de nuit. Cette désynchronisation est aussi favorisée par des conditions environnementales peu propices au sommeil : lumière du jour pendant le repos, température en journée plus élevée qu’habituellement la nuit, niveau de bruit plus élevé dans la journée, rythme social et obligations familiales.

 

Ainsi, les résultats de l’expertise mettent en évidence des effets du travail de nuit sur la santé, avec différents niveaux de preuve scientifique :

  • les effets sur la somnolence, la qualité de sommeil et la réduction du temps de sommeil total, et le syndrome métabolique sont avérés ;
  • les effets sur la santé psychique, les performances cognitives, l’obésité et la prise de poids, le diabète de type 2 et les maladies coronariennes (ischémie coronaire et infarctus du myocarde) sont probables ;
  • les effets sur les dyslipidémies (concentrations trop élevées de certains lipides dans le sang), l’hypertension artérielle et les accidents vasculaires cérébraux ischémiques, sont possibles.

Considérant le cancer, l’expertise conclut à un effet probable du travail de nuit sur le risque de cancer. Il existe notamment des éléments en faveur d’un excès de risque de cancer du sein associé au travail de nuit qui serait dû aux perturbations des cycles biologiques. L’expertise souligne l’existence de mécanismes physiopathologiques qui peuvent expliquer les effets cancérogènes liés aux perturbations des rythmes biologiques.

Le travail de l’Agence montre également que la fréquence et la gravité des accidents survenant lors du travail de nuit sont généralement augmentées.

 

Bien sur, le travail de nuit ne constitue pas le seul élément favorisant le cancer du sein, d'autres facteurs ont été étudiés par l'NSERM.(ici) et d'autres pistes sont explorées. (ici)  

 

Toujours est-il que la perturbation de notre horloge biologique joue une rôle.

 

Je reviens à mes guerrières ...

 

Elles attendent toujours la mise en place d'un suivi médical spécifique, des études épidémiologiques sur les infirmières et hôtesses de l'air, une reconnaissance en maladie professionnelle ...

Le Danemark a reconnu et indemnisé 37 femmes dans ce cadre. (ici)

 

Curieux, nous attendons aussi ces enquêtes au long cours, mais depuis plus longtemps qu'elles !

 

Nous savons toutes qu'il faut être très patientes devant la lenteur de nos autorités sanitaires et nos politiques ... Mais nous sommes toutes déterminées à défendre nos causes respectives et nous ne lâcherons pas !

 

Article écrit par Victime de prothèses PIP

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Icone rssIcone facebook

 

 

 

 

 

Cliquez sur ENQUÊTE ci-dessus, quelques minutes pour évaluer l'information reçue avant votre implantation de prothèses mammaires?

Quelle que soit la marque de vos implants.

 

PIP : Sur la bande FM

Ecoutez les dernières informations
concernant l'affaire PIP ...

L'affaire PIP : Les vidéos

Affiche vidéo

Visionnez ici les différents reportages

dédiés à l'affaire PIP ...

Statistiques

Date de création : 22/02/2011

Articles : 340

Visiteurs uniques : 168 200

Pages vues : 371 485

Commentaires : 1442