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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 11:06

ministere travail emploi sante

 

La Direction Générale de la Santé nous fera parvenir son compte-rendu, mais je vous livre le mien rédigé en partie avec Annie Mesnil, secrétaire de l'association PPP.


Au nom des associations de défense des porteuses de PIP, nous étions 4 :


- Annie MESNIL, secrétaire de l'association PPP.

- Richard ROULIN, Président de l’APIM (Association des Porteuses d’Implants Mammaires PIP)

- Le Docteur COURTOIS, Président de l’AAVAC (Association d’Aide aux Victimes d’Accidents Corporels)

Et moi même.

 

Ainsi que nous l’avions prévu : Madame Marisol TOURAINE nous a prié de l’excuser " son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à ce Comité ".

Donc, depuis le début du scandale sanitaire PIP, c’est le troisième Ministre de la Santé qui REFUSE LE DIALOGUE AVEC LES VICTIMES.

 

Etaient représentés la Direction Générale de la Santé, l'ansm, l'INCa, la Sécurité Sociale, la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Réparatrice, (SoFCPRE) le Syndicat des chirurgiens plasticiens (Sncpre).

 

 

Madame Brigitte HEULS , Directrice des dispositifs médicaux (ansm)  a repris les " Données PIP – Mise à jour des signalements de matériovigilance de mai 2013"… publiés juste avant le procès. 

 

Les chiffres étant analysés tous les 4 mois, les chiffres de septembre

devraient être publiés en octobre !

 

Compte-tenu du chiffre de 16 426 explantations indiqué dans ces données et du nombre de 30 000 victimes pris en compte depuis le début de l’affaire, nous avons demandé :

 

"Où sont les 14 000 victimes de PIP qui ne se seraient pas encore manifestées ?" 

 

En fait, ce chiffre de 30 000 a été  calculé d'après les ventes d’implants PIP, plusieurs facteurs pouvant expliquer l’écart des chiffres :

 

- Les explantations réalisées AVANT la révélation de l’affaire.

Dans cette hypothèse : les femmes dans cette situation sont invitées à se faire connaître auprès de l’ANSM (ici)

 

- Les explantations non signalées par les chirurgiens. 

 

- Les stocks d’implants PIP présents dans les établissements de santé et pas forcément implantés.

 

En cas de doublons, l'ansm a la capacité de vérifier et de les éliminer.

 

Donc, ce chiffre de 30 000 victimes est surestimé,

sans pour autant qu’on puisse dire de combien.

 

La Sécurité Sociale se base sur les demandes d’entente préalable, environ 10 000 à ce jour, et sur la base PMSI (données fournies par les établissements pour décrire leur activité )

 

Nous demandons qu’un registre des porteuses d’implants mammaires soit établi. C’est prévu : il sera mise en place désormais à partir des bases de données de la Sécurité Sociale et des chirurgiens. Ce registre prévoit de rescencer tous les dispositifs médicaux implantables, pas seulement pour les prothèses mammaires.

 

 

Le Dr Alfandari, (Sncpre) propose qu’une information soit refaite auprès des gynécologues et des médecins généralistes qui suivent les femmes porteuses d’implants mammaires, afin d’informer celles qui n’ont pas été contactées ou qui ignorent qu’elles portent des PIP.

 

 

Lecture d’un e-mail du Dr BOUCQ (Chirurgien à Nice)

 

Ne pouvant pas être présent, il fait part de ses constatations : il pratique encore, en moyenne, 2 explantations de PIP par jour. Chez lui, le taux de rupture est de 14%

 

Concernant les facilités d’accès aux explantations

 

De l’avis général, il n’y a pas de difficultés techniques pour accéder à un bloc opératoire.Nous insistons toutefois sur les difficultés financières dues au coût des interventions trop élevé voire nettement abusif.

 

Les représentants des chirurgiens mettent en avant les gestes chirurgicaux plus complexes que la simple explantation/réimplantation : augmentation de volume demandé par la patiente, nettoyage de la loge en cas de fuite de gel, reprise esthétique de rééquilibrage, etc ... qui entraînent un temps plus long d’intervention, donc un coût.

 

Ils prétendent que les tarifs abusifs sont le fait de très rares chirurgiens…

 

Le Président de la SNCPRE (Syndicat National des Chirurgiens Plasticiens Reconstructeurs et Esthétiques) qui s’était proposé pour prendre en charge, au tarif plancher, une centaine de patientes en grande difficulté financière, n’est pas en mesure de répondre à cet engagement faute de trouver, parmi ses adhérents, des chirurgiens compatissants.

Pour info : 1 paire d’implant vaut environ 400 €.

 

Concernant l’Institut Curie

 

Faute de représentant de ce centre anti-cancer, c’est Madame Agnès BUZYN de l’INCa(Institut National du Cancer) qui est interrogée sur la politique de l’Institut Curie en matière de reconstruction après mastectomie.

Dans la pratique, l’Institut Curie externalise une partie des reconstructions vers des chirurgiens du secteur privé. Ces patientes, en rémission de cancer, doivent donc PAYER des dépassements d’honoraires (alors que les interventions du même type réalisées en interne sont prises en charge à 100 % par la SS) et, dans le cas de l’affaire PIP, ces mêmes patientes sont explantées/réimplantées, en secteur privé et toujours avec dépassements d’honoraires.

 

Réponse de Madame BUZYN : "L’Institut Curie ne peut pas faire face à l’intégralité des reconstructions et doit faire un choix entre traiter les patientes cancéreuses et pratiquer les reconstructions… préférons-nous que des patientes meurent de cancer pendant que Curie pratiquera des reconstructions ?"

Manière claire de nous culpabiliser… 

 

Nous demandons aux femmes se trouvant dans ce cas DE SE FAIRE CONNAITRE auprès du secrétariat : secretariat.associationppp@yahoo.fr ou pour les non-adhérentes de me contacter (ici)

 

Concernant les études portant sur le suivi des victimes de PIP

 

Madame Heuls explique que l’ansm financent 2 études.

- Une avec les centres anti-cancer, basée sur une enquête dans les centres d’après les dossiers des patientes. Les inclusions ont commencé.

 

- Et celle de l’inserm qui concernera toutes les femmes porteuses d’implants mammaires PIP ou autres comparées aux femmes sans implants. Des problèmes "techniques" (contact des femmes, accès aux dossiers de la sécurité sociale, nombre de femmes nécessaires pour que l'étude soit valide ....) subsistent et une "enquête de faisabilité" a démarré. Elle durera un an. Au bout de cette année, l’enquête aura lieu ou pas en fonction des résultats de cette enquête de faisabilité et les femmes seront contactées à ce moment là !

 

Concernant les implants ALLERGAN

 

Suite à la demande de plusieurs adhérentes de l'association PPP, nous demandons aux chirurgiens présents s’ils ont constaté des ruptures précoces d’implants ALLERGAN.

La réponse est OUI et l’ansm a été avisée dans le cadre des signalements de matériovigilance.

Toutefois, ils signalent que des ruptures précoces peuvent survenir avec TOUTES les marques d’implants, ALLERGAN présentant tout de même un taux légèrement plus important.

 

Concernant les mammographies

 

Bien évidemment, elles ne doivent pas être pratiquées sur les porteuses de PIP non explantées compte-tenu de la mauvaise résistance potentielle de ces implants.

Les implants d’autres marques ne présentent pas de risques de rupture lors d’un tel examen, à condition de prévenir les manipulateurs de radiologie.

Toutefois, dans le cadre des dépistages systématiques, la lecture des mammographies de patientes porteuses d’implants silicone est PLUS DIFFICILE, l’ECHOGRAPHIE est donc recommandée.

 

Concernant les nouvelles mesures de contrôles de

fabrication des implants mammaires

 

Les contrôles effectués par l’ansm sur site de production ont été renforcés. Une nouvelle réglementation européenne est en cours d’étude. 

Un vote d'une nouvelle réglementation devrait avoir lieu prochainement à Bruxelles.

Je ne manquerais pas de vous informer.

 

Concernant les siliconomes

 

Les extraire ou pas ? De nombreuses victimes posent la question… car leurs chirurgiens ont des avis partagés.

Nous posons la question aux chirurgiens présents : Des recommandations existent depuis 2 ans.

L’extraction doit être réalisée UNIQUEMENT s’il y a INFLAMMATION, douleur et gêne.

Il ne doit pas être procédé à l’extraction systématique de ganglions qui pourrait entraîner des complications.

L’extraction de siliconomes  de "surface" peut se faire sans problème.

L’extraction de siliconomes profonds ne doit être envisagée qu’avec prudence.

 

Concernant l’aspect financier de l’affaire PIP

 

Le Dr. COURTOIS présente un bilan financier total à hauteur de 400 MILLIONS d’euros justifié par :

- L’organisation surdimensionnée du procès de Marseille,

- Les remboursements (attendus !) des frais de déplacement et séjour des Parties Civiles présentes au procès,

- L’aide juridictionnelle accordée aux victimes en situation financière difficile,

- Les indemnisations post-verdict qui seront prises en charge par le SARVI (Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions) ou la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions) compte-tenu de l’insolvabilité de M. MAS,

- Les expertises médicales et techniques qui vont être diligentées dans le cadre du procès pour "blessures et homicides involontaires",

- Les prestations versées par la Sécurité Sociale.

 

Or, si les 16 426 victimes explantées avaient bénéficié d’un Fonds d’indemnisation de l’Etat de 3 000 euros/victime, le coût pour la collectivité n’aurait été que de 50 MILLIONS d’euros.

 

N’oublions pas que les victimes de PIP sont les seules victimes d’un scandale sanitaire à ne pas bénéficier d’un Fonds d’indemnisation contrairement à celles du Mediator, des vaccins, du SIDA, de l’Hépatite C…

 

Pas de commentaires à ce sujet de la part des représentants des autorités ministérielles présentes !

 

Le Dr Grall de la DGS fera remonter l’information à Mme la Ministre !

 

Concernant l'exposition des implants aux chimiothérapies et radiothérapies

 

J’ai posé la question de l’exposition des implants en silicone et de la silicone circulante aux chimiothérapies et à la radiothérapie, me basant sur les études d’un chercheur canadien.

Mme Buzin m’a répondu que l’Inca faisait une étude de la littérature médicale et allait proposer des recommandations en 2014 ainsi que pour le dépistage systématique du cancer du sein pour les porteuses d’implants mammaires.

 

 

FIN DE LA SEANCE

 

Si vous avez des remarques ou des questions concernant ce compte-rendu, n'hésitez pas à laisser un commentaire ou à me contacter (ici)

 

 

 

Article écrit par Victime de prothèse PIP

  

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commentaires

Emma 17/09/2013 13:31

Merci beaucoup pour ce compte rendu très très complet !

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Quelle que soit la marque de vos implants.

 

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