Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 11:09

Employés PIP

 

 

Pour ceux et celles qui ne savent pas ou qui n’ont pas compris l’article du mercredi 13 avril dernier sur la détresse des victimes, je vous rappelle le témoignage de cet ex-cadre de PIP dans le journal Var- matin qui est très clair … Les employés étaient au courant !  :0037:

 


 

Un ancien responsable raconte dix ans de pratiques frauduleuses chez Poly-Implant-Prothèse. Ces révélations-chocs interviennent au moment où un repreneur de l’entreprise seynoise – controversé lui aussi – est nommé


C’est un ancien cadre de PIP qui accepte de témoigner. Non par esprit de vengeance, mais pour faire la lumière sur certaines pratiques. Nous l’appellerons Damien.
L’homme reste mal à l’aise : "Qu’on faisait quelque chose de pas bien, tout le monde le voyait. Nous étions beaucoup à être exposés à la supercherie. Mais quant à savoir quelle en était la gravité…"

Selon Damien, le "faux gel" qui servait à remplir les prothèses existait à PIP depuis la réintroduction de la silicone, en 2001. La supercherie aurait duré près de dix ans !

"Les ingénieurs de PIP étaient ‘‘béton’’. Ils ont élaboré leur formule de gel (1). Les uns et les autres se sont confortés dans la croyance qu’il n’y avait pas de toxicité au niveau de ce gel." 

Aucune vérification sanitaire n’a jamais été menée. "Les essais cliniques coûtaient trop cher". Aujourd’hui encore, en attendant que l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) délivre ses conclusions (2), personne ne sait quel est le degré de dangerosité du produit incriminé.

Une huile industrielle

Ce "faux gel", aussi appelé "mirasil" en interne, était fabriqué à partir d’une "huile de silicone alimentaire et industrielle". 

Rien à voir avec "le gel médical de silicone" ... qui coûtait "au moins cinq fois plus cher". Un fût de 200 kg de gel médical coûte "60 dollars, contre 10 dollars pour la même quantité d’huile industrielle."

Le produit n’avait pas non plus la même consistance. "Le gel médical ne coule pas, il reste sur lui-même. Au contraire, le ‘‘faux gel’’ était comme de l’eau savonneuse." 

Ce qui nécessitait deux systèmes de remplissage totalement différents. Deux systèmes de vannes. Dans les salles blanches de remplissage des prothèses, personne ne pouvait ignorer ce double système de production. "Mais personne n’en parlait."

Des contrôleurs bernés

Selon Damien, le seul contrôle régulier de PIP était effectué par le TÜV : l’organisme de certification pour le marquage CE, indispensable avant toute commercialisation (3).

"Le TÜV annonçait toujours les dates de ses contrôles à l’avance, avec la liste des services concernés." L’audit était mené une fois par an. "Les dossiers de fabrication étaient cachés, d’autres falsifiés". Aussi stupéfiant que cela puisse paraître, "le TÜV n’a jamais rien vu".

 
Ni les matières premières clandestines, qui étaient soigneusement dissimulées. Ni la base informatique officieuse, qui portait trace de l’achat de marchandises n’ayant rien à faire chez PIP.

L’un des deux fournisseurs d’huile industrielle aurait demandé à visiter le site de PIP. En vain. "PIP répondait que cette huile servait à fabriquer de la crème pour les mains", grince l’ancien cadre.

Damien évoque aussi "des fûts d’huile de silicone qu’il fallait déplacer avant l’arrivée des contrôleurs. On les mettait dans un troisième entrepôt de PIP, dont beaucoup de salariés ignorent encore l’existence."

Pas de vérification des chiffres

Ainsi, "le TÜV n’a jamais fait de rapprochement entre les quantités de gel médical acheté et les quantités de prothèses produites." 

Le résultat aurait été... éloquent. "Pour les années 2005-2006, une seule commande de gel médical aurait servi sur deux ans. C’est simplement impossible ! Le gel aurait été périmé."

C’est une question lancinante : qui savait quoi et à quel niveau de responsabilité ? Damien est sans équivoque. "Au cœur du système, il y avait des chefs de service qui sont devenus cadres dirigeants et ont vu leur salaire monter en flèche." 

Le service "assurance qualité et affaires réglementaires" avait pour rôle de valider les procédés et de vérifier qu’ils étaient conformes à la législation sanitaire. De même, les services "production" et "recherche et développement" ne pouvaient ignorer les méthodes de travail.

Les salariés rebelles ? Matés...

Quelques (rares) salariés se seraient rebellés, "mais ceux-là se sont heurté à un mur. Seuls, ils ne pouvaient arrêter la production."

Le service commercial France de PIP semble avoir découvert le pot aux roses tardivement. "Depuis 2007, j’ai vu la panique envahir certains services. Les commerciaux perdaient leurs clients. Ils ne savaient pas ce qu’il se passait."

Pire encore : "À l’export, on entendait : ‘‘On veut un lot de prothèses. Les bonnes ou les mauvaises ?’’ Tout dépendait du lien qu’on avait avec les distributeurs." 

Les bons clients étaient servis avec des gammes réputées meilleures. Et remplies du bon gel.

1. Le gel de silicone, utilisé pour le remplissage des prothèses mammaires.
2. L’autorité sanitaire rendra les conclusions des analyses de prothèses début septembre.
3. Le TÜV Rheinland est l’un des organismes pouvant certifier la qualité et la sécurité de produits sanitaires. Quand le TÜV délivre un marquage CE (Communauté européenne), cela équivaut à une autorisation de mise sur le marché.

 


 

Vous comprenez maintenant pourquoi les victimes en veulent tellement, non seulement aux dirigeants, premiers responsables, mais également aux employés qui n’ont rien dit et qui se sont rendu complices de ce scandale sanitaire sans précédent:0039:

"À l’export, on entendait : ‘‘On veut un lot de prothèses. Les bonnes ou les mauvaises ?’’ Tout dépendait du lien qu’on avait avec les distributeurs." 

Cette phrase laisse supposer que d'autres étaient au courant !!!


 

Article écrit par Victime de prothèses PIP

  

Partager cet article

Repost 0
Victime de prothèses PIP - dans Témoignages
commenter cet article

commentaires

Victime de prothèses PIP 24/11/2011 18:26

Bonsoir Patricia,

Je compatis à votre douleur et vos souffrances et vous remercie de votre témoignage.

Toutes les femmes qui ont fait le choix de la chirurgie esthétique ne sont pas des "bimbos" qui veulent des gros seins !

Il est inadmissible que vous ne soyez pas TOUTES prises en charge.
Vous avez fait un choix qui est respectable et qui ne donne à personne le droit de vous juger, encore moins de vous implanter des produits frauduleux.

Nous nous battons depuis 18 mois pour que cette injustice soit réparée et que nous soyons TOUTES reconnues comme Victimes et surtout pour que les procédures de contrôles soient modifiées afin que
nous retrouvions la confiance dans nos autorités sanitaires.

patricia buchheit 24/11/2011 18:10

J' avais 22 ans quand j' ai décidé de mettre des prothèses.
Je n ' avais pas de seins.
Je me tenais mal, courbée, habillée comme un sac pour cacher ce corps sans féminité.
Vous plaignez une femme a qui on a enlevé un sein, mais vous ne comprenez pas une femme a qui la nature en a refusé 2.
J' ai changé après cette opération, je me tenais droite: moins mal au dos.
Je me suis sentie épanouie dans ma vie de femme.
Première ré intervention en 2001 pour rupture de prothèse PIP (CR Écho Ci joint)
Réimplantation payée par le laboratoire.
Atteinte depuis 2005 : Je sentais des ganglions.
Le radiologue n a pas vu de ganglions à l' écho , il pensait que c' était un glissement de glande mammaire du à l' intervention.
Avec du recul ce n' était pas possible puisque je n' avais que peu de glandes mammaires.
Douleurs diffuses depuis 2007 quelquefois invalidante, mais je refusais le plus possible les arrêts de travail malgré la gène et la fatigue.
La lecture d' un article concernant la société PIP ainsi que des douleurs thoraciques et des sensation d' oppression m' on conduit au printemps 2011 à consulter un chirurgien esthétique le Dr
B.
Je ne fais la mammographie de contrôle que fin septembre, j' avais peur du résultat.
L' écho montre une rupture de prothèse.
Je suis maintenant atteinte dans ma chair, déjà des ganglions de 2.5 cm et des douleurs diffuses à cause des prothèses PIP .
J' ai eu une intervention le 4 Novembre 2011 qui m a couté plus que mon salaire mensuel pour un changement de prothèse. Et ceci n' est pas mon choix, mais une obligation !
Je n' ai plus ses prothèses, mais j' ai encore ses ganglions et je sais que ce produit ne peux pas être éliminé par le corps.
Quel en sera les suites, je ne sais pas

J' ai choisi de porter des prothèses et je suis infirmière.
J' ai mesuré le bénéfice / risque et il n' y avait pas photo.
Ma vie en a été meilleur.
Je ne regrette pas d' avoir pris la décision de me faire opérer.
Mais
Je suis en colère.
Certain disent que c' est de notre faute si nous avons une pathologie liée à ce produit de merde.
Je me sens comme ses filles violées qui se sentent coupable parce que la société leur a dit qu'elles avaient trop de maquillage, une jupe trop courte, qu'elles n auraient pas du sortir seule si
tard............
Une femme est morte parce qu'un industriel peu scrupuleux a utilisé un produit moins cher pour remplir ses prothèses et c' est de notre faute!
Ces gens doivent avoir honte d' accabler les gens qui soufrent.

Icone rssIcone facebook

 

 

 

 

 

Cliquez sur ENQUÊTE ci-dessus, quelques minutes pour évaluer l'information reçue avant votre implantation de prothèses mammaires?

Quelle que soit la marque de vos implants.

 

PIP : Sur la bande FM

Ecoutez les dernières informations
concernant l'affaire PIP ...

L'affaire PIP : Les vidéos

Affiche vidéo

Visionnez ici les différents reportages

dédiés à l'affaire PIP ...

Statistiques

Date de création : 22/02/2011

Articles : 340

Visiteurs uniques : 168 200

Pages vues : 371 485

Commentaires : 1442